Handicap cognitif : le parent pauvre de l'accessibilité

C'est le champ le moins couvert par les référentiels, le moins outillé, et pourtant celui qui concerne le plus de monde. Troubles dys, déficience intellectuelle, troubles de l'attention, troubles du spectre autistique, mais aussi fatigue, stress, surcharge d'information ou langue non maternelle : les besoins se recoupent largement.

Pourquoi c'est mal couvert

Parce que la plupart des réponses utiles ne sont pas automatisables et se jugent mal. On peut mesurer un contraste ; on ne peut pas mesurer si une phrase est claire. Les référentiels traitent donc ce qui est vérifiable — langue déclarée, comportements prévisibles, aide à la saisie — et laissent le reste à la qualité éditoriale.

Ce qui aide réellement

Pratiques efficaces et public concerné
PratiqueEffet
Phrases courtes, une idée par phraseRéduit la charge de mémoire de travail
Vocabulaire courant, sigles explicitésSupprime l'obstacle d'entrée
Structure prévisible d'une page à l'autreÉvite de réapprendre à chaque écran
Étapes numérotées dans une démarcheSitue la progression, rassure
Messages d'erreur disant quoi faireRend la correction possible sans interprétation
Absence d'animation non maîtrisableSupprime une source majeure de distraction
Pas de limite de tempsPermet d'aller à son rythme
Aide au même endroit partoutRend le recours possible sans chercher

Le sujet des messages d'erreur

Trois formulations pour la même erreur

Inutilisable : « Erreur de saisie. »
Conforme mais pauvre : « Le format de la date est incorrect. »
Réellement utile : « La date de naissance doit être écrite au format jour/mois/année, par exemple 14/07/1985. »

La troisième ne coûte pas plus cher à écrire, et elle sert tout le monde — pas seulement les personnes concernées par un trouble cognitif.

Le cas des troubles dys

Dyslexie, dyspraxie, dysphasie : la difficulté porte sur le décodage, pas sur la compréhension. Ce qui aide est d'ordre typographique et structurel — interlignage généreux, texte non justifié, lignes ni trop longues ni trop courtes, contraste confortable, et surtout la possibilité pour l'utilisateur de modifier lui-même l'espacement du texte sans que le contenu ne soit tronqué.

Ce dernier point est un critère vérifiable, et un test simple révèle les hauteurs fixes qui le font échouer.

Sur les polices dites adaptées

Les polices commercialisées comme spécifiques à la dyslexie font l'objet de résultats contrastés, et nous n'affirmerons pas ici ce que les études ne tranchent pas. Ce qui est établi et non contesté : un interlignage confortable, une taille suffisante, un contraste correct et une longueur de ligne raisonnable améliorent la lecture de tout le monde.

Imposer une police plutôt que laisser l'utilisateur employer ses propres réglages est rarement la bonne réponse.

Le FALC, réponse structurée

Pour les personnes en situation de déficience intellectuelle, la méthode du facile à lire et à comprendre existe et fonctionne. Elle ne relève pas de l'obligation RGAA, mais c'est souvent la mesure qui change le plus la vie des usagers d'un service public. Voir le FALC sur le web.

Poursuivre

Pour la méthode dédiée, voyez le facile à lire et à comprendre.