Mise en conformité RGAA : de la liste des non-conformités au site accessible

L'audit vous a donné une liste. Parfois trois cents lignes. Le réflexe naturel est de vouloir tout corriger en même temps — c'est la meilleure façon de ne rien livrer.

La mise en conformité efficace obéit à une logique simple : on corrige d'abord ce qui bloque totalement l'usage, ensuite ce qui coûte le moins cher à réparer, enfin ce qui demande un arbitrage produit. Une alternative textuelle manquante se corrige en dix minutes. Un composant de navigation maison qui piège le focus clavier demande une refonte de composant. Ce ne sont pas les mêmes chantiers, ils ne relèvent pas des mêmes équipes, et ils n'ont pas le même rendement.

Prioriser : la matrice gêne et effort

Ordre de traitement des non-conformités
Rang Type de non-conformité Pourquoi en premier
1 Blocages absolus : piège au clavier, contenu inatteignable, formulaire impossible à valider Ils rendent le service inutilisable, pas seulement inconfortable
2 Corrections à fort rendement : alternatives textuelles, contrastes, langue de page, étiquettes de champs Effort faible, gain en points de conformité immédiat
3 Corrections structurelles : hiérarchie de titres, régions, ordre de tabulation Effort moyen, bénéfice durable sur tout le site
4 Arbitrages produit : composants maison à refaire, bibliothèques tierces non accessibles Effort élevé, nécessite une décision au-delà de l'équipe technique

Les gisements les plus rentables

Sur la plupart des sites, quatre familles de corrections suffisent à faire basculer un taux de conformité de la zone rouge vers le seuil des 50 %.

La conformité éditoriale : le point qui se perd

Un site corrigé se dégrade dès la publication suivante si les personnes qui alimentent le contenu n'ont pas changé leurs gestes. Un contributeur qui insère une image sans alternative, colle un titre de niveau 4 sous un titre de niveau 2, ou publie un PDF non balisé annule une partie du chantier sans le savoir.

C'est pourquoi la remédiation technique s'accompagne toujours d'un volet éditorial. Voir les parcours de formation par métier.

Ce qu'aucune surcouche ne corrigera

Notre position, et pourquoi

Les surcouches d'accessibilité — ces widgets qui promettent la conformité en une ligne de JavaScript — ne modifient pas le code livré. Elles ajoutent une couche par-dessus, côté client.

Or un audit de conformité évalue le code livré. Un contrôle également. Une surcouche peut améliorer le confort de certains utilisateurs sur certains points ; elle ne fait pas gagner un critère RGAA, et elle ne dispense d'aucune obligation.

« Certification RGAA » : le mot est trompeur

Il n'existe pas de certification RGAA délivrée par l'État. Ce qui existe, c'est une déclaration d'accessibilité que l'organisme publie sous sa propre responsabilité, à partir d'un audit. Méfiez-vous de tout prestataire qui vend un label ou un certificat officiel : il n'en existe pas.

Ce qui fait foi, c'est le rapport d'audit et la déclaration qui en découle. Voir les documents obligatoires à publier.

Maintenir : la non-régression

Une conformité obtenue et non surveillée se dégrade en quelques mois. Trois dispositifs la tiennent dans la durée : des tests automatisés intégrés à la chaîne d'intégration continue, une revue d'accessibilité dans la définition de terminé de chaque fonctionnalité, et un contre-audit annuel.

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