Le référentiel RGAA expliqué : ce qu'il contient, ce qu'il impose

RGAA signifie Référentiel général d'amélioration de l'accessibilité. Derrière ce nom administratif se cache un document assez simple à comprendre une fois qu'on en a saisi la logique : c'est une traduction opérationnelle française d'une norme internationale, les WCAG du W3C.

Les WCAG énoncent des objectifs — « fournir une alternative textuelle à tout contenu non textuel ». Le RGAA, lui, énonce des critères vérifiables et une méthodologie de test associée : comment on vérifie, sur quel élément, avec quel outil, et dans quel cas le critère est jugé non applicable. C'est cette opérationnalité qui en fait la référence des audits français.

La version en vigueur

État du référentiel au 19 septembre 2026
ÉlémentValeur
Version applicableRGAA 4.1.2
Publication initiale16 septembre 2019
Dernière mise à jour18 avril 2023
Nombre de critères106
Nombre de thématiques13
Version suivanteRGAA 5, publication attendue fin 2026

Les 13 thématiques

Chaque thématique regroupe les critères qui portent sur une même famille de contenus ou de comportements.

Les 13 thématiques du RGAA et ce qu'elles couvrent
Thématique Exemple de non-conformité courante
1ImagesImage informative sans alternative textuelle
2CadresCadre en ligne sans titre décrivant son contenu
3CouleursContraste insuffisant, information donnée par la couleur seule
4MultimédiaVidéo sans sous-titres ni transcription
5TableauxTableau de données sans en-têtes déclarés
6LiensIntitulé non explicite hors de son contexte
7ScriptsComposant non utilisable au clavier
8Éléments obligatoiresLangue de la page non déclarée, titre de page absent
9StructurationSaut de niveau dans la hiérarchie des titres
10PrésentationPrise de focus invisible, contenu illisible au zoom
11FormulairesChamp sans étiquette associée, erreur non explicitée
12NavigationUn seul système de navigation, absence de lien d'évitement
13ConsultationLimite de temps non contrôlable, document téléchargeable inaccessible

Conforme, non conforme, non applicable

Ce trio décide de tout, parce qu'il détermine le dénominateur du taux de conformité. Un critère non applicable sort du calcul : un site sans vidéo n'est pas pénalisé sur la thématique multimédia. C'est aussi le statut le plus souvent utilisé à tort, pour écarter un critère gênant. Un audit sérieux justifie chaque « non applicable ».

Les niveaux A, AA et AAA

Les WCAG classent leurs critères en trois niveaux d'exigence. Le RGAA retient les niveaux A et AA : ce sont eux qui forment les 106 critères de contrôle, et eux seuls qui fondent l'obligation légale. Les critères AAA existent, sont documentés à part, et relèvent d'une démarche volontaire — souvent pertinente sur un service destiné à un public spécifique.

RGAA ou WCAG : lequel s'applique à vous ?

Si votre organisation relève du droit français et de l'article 47 de la loi de 2005, c'est le RGAA qui sert de référence à l'audit et à la déclaration. Les WCAG restent la norme sous-jacente, et la norme européenne EN 301 549 les reprend au niveau communautaire.

Attention à une confusion fréquente

Le RAWeb n'est pas le successeur français du RGAA. C'est le référentiel d'accessibilité web du Luxembourg, construit à partir du RGAA 4.1.2 et aujourd'hui en version 1.1. Pour un service destiné à un public français, la référence reste le RGAA.

Ce que prépare le RGAA 5

Une version 5 du référentiel est en cours de rédaction, avec une publication annoncée pour la fin 2026. Trois évolutions sont annoncées :

Une échéance à anticiper

Une déclaration d'accessibilité doit être mise à jour dans les dix-huit mois qui suivent la publication d'une nouvelle version du référentiel. Toutes les déclarations publiées aujourd'hui sous RGAA 4.1.2 devront donc être reprises après la sortie du RGAA 5. Auditer maintenant reste utile : le contre-audit de mise à jour coûte bien moins cher qu'un audit initial.

Approfondir le référentiel

Voir comment se déroule un audit Comprendre l'accessibilité numérique