Surcouches d'accessibilité : ce qu'elles font, ce qu'elles ne font pas

Une ligne de JavaScript, un widget flottant, et la promesse d'une conformité obtenue sans toucher au site. L'offre est séduisante, agressive commercialement, et elle répond à une demande réelle. Elle repose pourtant sur un malentendu : une surcouche ne modifie pas le code livré, et c'est le code livré qu'un audit évalue.

Comment cela fonctionne

Un script s'exécute dans le navigateur du visiteur et agit à deux niveaux. Il ajoute d'abord un menu de réglages : agrandissement du texte, contraste renforcé, police dite adaptée aux dyslexiques, masquage des images. Il tente ensuite de corriger automatiquement certains manquements, en injectant des attributs à la volée.

Ce qu'elles apportent réellement

Soyons justes

Ces outils ne sont pas sans effet. Le menu de réglages rend service à des visiteurs qui ne savent pas que leur navigateur propose déjà ces fonctions. Et certaines corrections automatiques fonctionnent : détecter une image sans attribut alt et en générer un par reconnaissance d'image vaut mieux que le silence total.

Ce qu'elles ne peuvent pas faire

Limites structurelles d'une correction côté client
SituationPourquoi la surcouche échoue
Alternative textuelle pertinente Une description générée automatiquement ne connaît ni le contexte ni l'intention éditoriale de l'image
Intitulé de lien explicite Aucun script ne sait ce que « en savoir plus » était censé désigner
Ordre de tabulation cohérent Dépend de la logique métier de la page, pas de son balisage
Composant non utilisable au clavier La logique d'interaction est dans le code source, hors de portée
Hiérarchie de titres Deviner l'importance relative d'un titre est un jugement éditorial
Messages d'erreur exploitables Suppose de connaître la règle de validation métier

Le point décisif : l'audit ne les voit pas

Ce qui se mesure

Un audit de conformité évalue le code livré, selon la méthodologie de test officielle. Les corrections injectées côté client, après chargement, par un script tiers, ne changent pas ce code.

Conséquence : une surcouche ne fait gagner aucun critère RGAA, ne modifie pas le taux de conformité, et ne dispense d'aucune obligation de publication. Voir le calcul du taux de conformité.

Les risques ajoutés

Notre position

Une surcouche peut être un complément de confort sur un site par ailleurs conforme. Elle ne peut pas être une stratégie de conformité, et elle ne doit jamais être présentée comme telle — ni par son éditeur, ni par une agence.

Si le budget est le sujet, l'argent d'un abonnement est mieux employé à corriger les quatre familles d'anomalies à fort rendement : alternatives, contrastes, intitulés de liens, étiquettes de formulaires. Voir le plan de remédiation.

Poursuivre

Sur la même logique de promesse, voyez ce que vaut une « certification RGAA ».