Estimer le budget d'une mise en conformité RGAA

« Combien ça va coûter ? » La question arrive toujours avant l'audit, et c'est précisément le problème : sans rapport d'audit, toute réponse est un forfait déguisé. Voici la méthode d'estimation en quatre étapes, à appliquer une fois le rapport en main.

Pourquoi un forfait n'a pas de sens

Deux sites de taille identique peuvent demander trois jours ou trente. La variable n'est pas le nombre de pages : c'est le nombre de gabarits distincts, la présence de composants d'interface maison, et le volume de documents téléchargeables.

Un prestataire qui annonce un tarif de correction avant d'avoir vu le rapport d'audit annonce un chiffre qu'il ajustera ensuite, ou qu'il tiendra en rognant sur le périmètre.

Étape 1 : trier les non-conformités par nature

Le rapport d'audit liste des anomalies. La première opération consiste à les regrouper selon l'endroit où elles se corrigent, parce que c'est cela qui détermine le coût.

Les cinq lots, et leur logique de coût
LotSe corrigeCoût
Système de designDans quelques valeurs de styleFixe, très faible au regard du nombre d'occurrences
GabaritsUne fois par modèleProportionnel au nombre de gabarits
ComposantsUn par unÉlevé, proportionnel au nombre de composants maison
ÉditorialPage par page, sans développementProportionnel au volume de contenu
DocumentsDocument par documentLe plus imprévisible : dépend de l'existence des sources

Étape 2 : compter les occurrences, pas les anomalies

Une même anomalie répétée trois cents fois dans un gabarit se corrige une fois. Une anomalie unique sur un composant maison peut demander deux jours. Le nombre de lignes du rapport ne dit donc rien du coût.

La bonne question par lot

Système de design : combien de valeurs à modifier ?
Gabarits : combien de modèles distincts ?
Composants : combien de composants maison, et lesquels sont à refaire plutôt qu'à corriger ?
Éditorial : combien de pages, et par qui seront-elles reprises ?
Documents : combien de fichiers, et les sources existent-elles encore ?

Étape 3 : chiffrer le lot documents séparément

C'est le poste qui fait déraper les budgets, et il mérite un chiffrage à part. Un document dont la source bureautique existe se reprend en quelques minutes. Un document numérisé est une image : la seule correction réelle consiste à retrouver ou reproduire la source.

L'arbitrage se fait document par document : ce qui doit devenir une page HTML, ce qui doit être repris, ce qui doit être retiré, et ce qui restera non accessible avec une alternative documentée dans la déclaration.

Étape 4 : ajouter le contre-audit

Il représente généralement 30 à 50 % de la charge de l'audit initial, et il n'est pas optionnel si vous comptez publier un taux après correction. C'est lui qui détecte les régressions introduites par les corrections elles-mêmes — le cas le plus fréquent étant un attribut ARIA ajouté qui fait échouer un critère voisin.

Ce que l'estimation doit produire

Pas un chiffre unique, mais une trajectoire : combien pour atteindre 50 % et la mention « partiellement conforme », combien pour aller au-delà, et ce qui restera durablement non traité avec sa justification.

C'est cette forme qui permet un arbitrage. « Trois jours pour passer de 48 à 57 % » est une phrase qui se décide ; « corriger l'accessibilité » n'en est pas une.

Le piège du seuil

Atteindre 50 % permet d'afficher « partiellement conforme », ce qui crée une forte tentation de s'arrêter. C'est un mauvais calcul : le seuil suivant est 100 %, la déclaration reste publique, et les blocages absolus non traités continuent d'exclure des utilisateurs.

Le plan de remédiation · Le prix d'un audit RGAA