Méthodologie d'audit RGAA : la grille, les tests, les statuts
Ce qui distingue un audit d'une impression, c'est la méthode. Le RGAA ne se contente pas d'énoncer 106 critères : il publie, pour chacun, une méthodologie de test qui dit sur quel élément porter le regard, quelle vérification effectuer, et dans quelles conditions le critère doit être considéré comme non applicable. C'est ce document qui rend deux audits comparables.
Cette page décrit la mécanique de cette grille. Pour le déroulé de la prestation, ses délais et son budget, voyez la page consacrée à l'audit RGAA.
Ce qu'est la grille d'audit
La grille est le tableau de relevé. Elle croise les critères en ligne et les pages de l'échantillon en colonne. Chaque intersection reçoit un statut, et c'est de ce tableau que sortent le taux de conformité et la liste des non-conformités.
| Colonne | Contenu attendu |
|---|---|
| Numéro de critère | Thématique et rang, par exemple 1.3 ou 11.10 |
| Intitulé | L'énoncé exact du référentiel, repris sans reformulation |
| Statut par page | Conforme, non conforme, ou non applicable |
| Localisation | Page, composant, sélecteur ou extrait de code fautif |
| Commentaire | La cause, et la correction attendue |
| Justification | Obligatoire dès qu'un critère est déclaré non applicable |
Les trois statuts, et le piège du troisième
Conforme : tous les tests du critère passent sur la page. Non conforme : au moins un test échoue. Non applicable : la page ne contient aucun élément déclenchant le critère.
« Non applicable » retire le critère du dénominateur, donc fait mécaniquement monter le taux. C'est le levier le plus simple pour embellir un résultat, et le premier point qu'un contre-audit vérifie.
La règle que nous appliquons : aucun « non applicable » sans justification écrite nommant l'absence constatée. « Aucun tableau de données sur la page » est une justification. « Sans objet » n'en est pas une.
Les trois natures de test
-
Automatique. La machine tranche seule : attribut
altabsent, langue de page non déclarée, contraste sous le seuil, champ sans étiquette. Rapide, fiable, et limité à environ un quart du référentiel. -
Assisté. L'outil repère un candidat, l'humain juge. Une image portant
alt="image"passe le test automatique et échoue au test réel. - Manuel. Tout le reste : pertinence des intitulés, cohérence du plan de titres, ordre de tabulation, comportement au zoom, restitution au lecteur d'écran.
Le déroulé d'une session de test
Nous testons page par page, critère par critère, dans l'ordre des thématiques. L'ordre compte : les thématiques 8 et 9, qui portent sur les éléments obligatoires et la structuration, conditionnent la lecture de toutes les autres. Un document dont la langue n'est pas déclarée fausse d'emblée le test au lecteur d'écran.
Chaque page est parcourue quatre fois : au clavier seul, au lecteur d'écran, au zoom à 200 %, puis à l'inspecteur de code pour les vérifications structurelles.
Un audit doit être reproductible
C'est le test ultime de la qualité d'un rapport : une autre personne, munie du même échantillon et du même référentiel, doit retrouver les mêmes statuts. Cela suppose que chaque non-conformité soit localisée précisément et que chaque « non applicable » soit motivé. Un rapport qui se contente d'un pourcentage ne se vérifie pas — et ne vaut donc rien devant un contrôle.
Poursuivre
La méthode ne vaut que si elle s'applique au bon périmètre : la constitution de l'échantillon de pages est l'étape qui précède immédiatement le relevé. Pour les outils employés à chaque nature de test, voyez le comparatif des outils d'audit.