FALC sur le web : pourquoi presque personne ne le fait correctement

Le facile à lire et à comprendre est une méthode, pas une intention. Elle a des règles de rédaction, et surtout une condition de validité que la quasi-totalité des contenus présentés comme FALC ne remplit pas.

La condition oubliée

Sans validation, ce n'est pas du FALC

La méthode prévoit que le document soit relu et validé par des personnes en situation de déficience intellectuelle, accompagnées. C'est cette étape qui distingue le FALC d'une simple réécriture simplifiée.

Un texte produit par un rédacteur bien intentionné, sans cette étape, est un texte clair. Ce n'est pas un contenu FALC, et il ne devrait pas être présenté comme tel.

La raison n'est pas procédurale. Un rédacteur valide juge la clarté depuis sa propre compétence de lecture, et il se trompe systématiquement dans le même sens : il surestime ce qui est compris. La validation par les personnes concernées est le seul mécanisme correctif.

Les règles, rappelées

Principes de rédaction du FALC
RègleApplication
Une idée par phrasePas de subordonnées empilées, pas d'incises
Mots du quotidienLes termes techniques sont expliqués à leur première apparition
Voix active« Vous remplissez le formulaire », pas « le formulaire doit être rempli »
Pas de sens figuréMétaphores et ironie ne sont pas comprises
L'essentiel d'abordCe qu'il faut faire, avant les détails
Une ligne par phraseLa mise en page porte la segmentation
Illustration associéeUn pictogramme ou une image simple appuie le texte
Nombres en chiffres« 3 » plutôt que « trois » ; dates complètes

Les trois autres erreurs fréquentes

  1. Vouloir tout traduire. Produire un site entier en FALC n'a pas de sens : la méthode allonge considérablement les textes et ne convient pas à tous les contenus. Elle se cible sur ce qui conditionne un droit ou une démarche.
  2. Créer une version parallèle et l'abandonner. C'est le scénario le plus courant : une page FALC publiée une fois, jamais mise à jour, et qui finit par contredire la version principale. Un encadré de synthèse en tête de la page principale évite ce risque.
  3. Confondre FALC et conformité RGAA. Un contenu FALC techniquement inaccessible — image de texte, structure absente, contraste insuffisant — reste inaccessible. Les deux démarches se cumulent, elles ne se remplacent pas.

Où l'employer utilement

Ce qu'il faut savoir avant de s'engager

Un texte FALC est deux à trois fois plus long que l'original. Il demande une compétence de rédaction spécifique. Et la validation par les personnes concernées prend du temps et coûte.

Ce n'est pas une raison de renoncer : c'est une raison de cibler. Cinq pages réellement FALC valent mieux qu'un site entier approximativement simplifié.

Le FALC sur le web · Handicap cognitif