Un score Lighthouse de 100 ne vous met pas à l'abri

C'est l'outil le plus utilisé du web, il est intégré au navigateur, il ne demande aucune installation, et il affiche un score sur cent. C'est aussi la source du contresens le plus répandu sur l'accessibilité numérique. Démonstration.

L'expérience

Prenez une page construite ainsi :

Cette page est inexploitable au lecteur d'écran et impraticable au clavier. Elle échoue sur au moins cinq critères du RGAA.

Le score

Lighthouse ne signalera presque rien. Les attributs sont présents, les liens ont un intitulé, aucun titre n'est sauté puisqu'il n'y a pas de titres, et la suppression du focus n'est pas une règle qu'il évalue. Le score sera excellent.

Pourquoi

Le score d'accessibilité de Lighthouse repose sur un sous-ensemble de règles automatisées. Elles vérifient ce qu'une machine peut vérifier seule : présence d'attributs, contrastes calculables, langue déclarée, validité des valeurs ARIA.

Tout ce qui demande un jugement — pertinence d'une alternative, cohérence d'un plan de titres, logique d'un ordre de tabulation, restitution réelle au lecteur d'écran — n'entre pas dans le calcul. Un score de 100 signifie donc : aucune règle automatisable n'a échoué. Il ne signifie ni conforme, ni utilisable.

À l'honneur de l'outil

Lighthouse affiche lui-même, sous son score, une liste d'éléments à vérifier manuellement. Cette section est presque toujours ignorée — c'est pourtant là que se trouve l'essentiel du travail.

L'usage raisonnable

Ce qu'il ne faut jamais faire

Publier le score comme preuve de conformité. Une organisation qui affiche « site accessible, score Lighthouse 100 » s'expose doublement : au sens du référentiel, l'absence de résultat d'audit valide vaut non-conformité, et l'affirmation est vérifiable en quelques minutes par n'importe qui.

Lighthouse : ce qu'il mesure vraiment · Le calcul du taux de conformité