Vidéo accessible : les trois niveaux d'exigence

C'est la thématique la plus coûteuse du référentiel, et celle dont la charge est systématiquement sous-estimée au cadrage. Une vidéo de trois minutes peut demander une journée de travail pour devenir réellement accessible. Mieux vaut le savoir avant de lancer une série de vingt épisodes.

Les trois niveaux

Ce que chaque dispositif apporte, et à qui
DispositifPour quiCe qu'il restitue
Sous-titres synchronisés Personnes sourdes et malentendantes, consultation sans son Les paroles et les informations sonores signifiantes
Transcription textuelle Tous, y compris plages braille et moteurs de recherche L'intégralité du contenu, lisible à son rythme
Audiodescription Personnes aveugles et malvoyantes Ce que l'image montre et que la bande son ne dit pas

Les sous-titres

Un sous-titrage conforme ne se limite pas à retranscrire les paroles. Il identifie les locuteurs dans un échange à plusieurs voix, note les informations sonores non verbales qui portent du sens — rire, sonnerie, silence, musique d'ambiance signifiante — et respecte une vitesse de lecture praticable.

La transcription automatique est une excellente base et un mauvais livrable : noms propres déformés, ponctuation approximative, locuteurs non identifiés. La méthode efficace consiste à générer puis relire. Voir le handicap auditif.

La transcription, la plus rentable

Le meilleur rapport effort-bénéfice

Une transcription textuelle se produit à partir du sous-titrage déjà réalisé, coûte donc peu de plus, et sert un public bien plus large : personnes sourdes, personnes aveugles utilisant une plage braille, visiteurs pressés qui préfèrent lire, et robots d'indexation — la vidéo seule n'apportant aucun texte indexable.

C'est aussi l'argument le plus facile à faire passer en interne, parce qu'il ne repose pas uniquement sur la conformité.

L'audiodescription

Elle décrit, dans les silences de la bande son, ce que l'image montre et que le commentaire ne dit pas : un geste, un document affiché à l'écran, un changement de lieu, un tableau de chiffres.

C'est le dispositif le plus coûteux, et souvent le plus évitable — par la conception. Une vidéo dont le commentaire énonce naturellement ce qui est montré n'a besoin d'aucune audiodescription. Il suffit d'y penser à l'écriture du script, ce qui ne coûte rien.

Le lecteur vidéo lui-même

Point régulièrement oublié : le lecteur est un composant d'interface comme un autre. Ses commandes doivent être atteignables et activables au clavier, porter des intitulés explicites, et ne pas piéger le focus. Un lecteur tiers embarqué reste sous votre responsabilité — voir les dérogations et exemptions.

Et la lecture automatique avec son est à proscrire : elle couvre la synthèse vocale d'un lecteur d'écran.

Dans quel ordre traiter

  1. Vérifier le lecteur. Correction unique qui bénéficie à toutes les vidéos.
  2. Sous-titrer et transcrire les contenus les plus consultés, et ceux qui conditionnent une démarche.
  3. Écrire les scripts autodescriptifs pour les productions à venir.
  4. Arbitrer sur le fonds historique : tout ne sera pas repris, et une dérogation motivée vaut mieux qu'un silence.

Poursuivre

Pour la thématique voisine, voyez les tableaux de données accessibles.